La fabrication des savons

Pour fabriquer mes savons artisanaux 100% naturels j’utilise ce qu’on appelle la méthode de fabrication à froid.

Qu’est-ce que c’est ? Il s’agit de la façon la plus courante pour faire du savon. 
En fait, la seule autre méthode est la fabrication à chaud, qui est utilisée pour le savon de Marseille et anciennement Alep (elle permet une utilisation immédiate). On fait chauffer de longues heures la pâte à savon, jusqu’à ce que la saponification soit terminée et le savon non caustique.

La méthode à froid ne colle pas tout à fait à la réalité car il s’agit de faire monter les matières grasses à 35°-45° et la lessive de soude doit descendre à la même température. La différence avec l’autre méthode est qu’on laisse ensuite le savon en cure 3 semaines minimum car la saponification ne sera terminée qu’à ce moment-là. Avant, le savon reste caustique !

Voici en détail ma façon de fabriquer mes savons artisanaux :

  1. Tout d’abord, je me bloque au moins deux heures sans personne à proximité, de préférence quand méditation. C’est pour cela que ces moments me posent et me nourrissent. Ces instants sont le fruit d’une osmose avec les matières. J’y met tout mon amour. Je ne travaille que si je me sens bien.

  2. Je prépare mon matériel, mes matières, ma recette, ma marche à suivre, mon classeur de traçabilité, un neutralisant en cas de brûlure à la soude, j’enfile ma tenue de sécurité.

  3. Je mets en place mes zones de travail : pesée, chauffage des matières grasses, dilution de la soude (à l’extérieur même si j’arrive à ne plus faire de vapeur) , moulage, note de la traçabilité.

  4. Je pèse mes matières grasses (le plus souvent juste de l’huile d’olive) et note sur ma fiche le poids, la provenance, le numéro de lot du bidon, le numéro de lot de ma fournée de savons et les dates de fabrication et limite d’utilisation (PAO)dite de 3 ans même si le savon ne se périme pas, mais la législation cosmétique le demande.

  5. Je prépare les éléments à rajouter à « la trace » (huiles essentielles, poudre d’oxydes ou autres poudres végétales, feuilles séchées broyées sommairement). Je note chaque élément utilisé sur la fiche de traçabilité.

  6. Je pèse mon eau, note la provenance et la date d’extraction sur la fiche

  7. Je pèse la soude en prenant bien garde de ne pas avoir d’amas afin que la dissolution soit parfaite. Je note sur la fiche le numéro de lot, le fournisseur, le poids.

  8. Je verse ma soude doucement dans l’eau à l’extérieur, en remuant à l’aide d’une cuillère inoxydable. Le mélange s’appelle « lessive de soude » et va atteindre 90° naturellement. Le pichet est adapté aux hautes températures et inoxydable aussi. Je m’assure que toute la soude en bille est bien dissoute.

  9. J’allume à feu doux sous mon récipient inoxydable contenant les matières grasses et contrôle au thermomètre de cuisine que je liquide atteigne 39°. Je coupe le feu.

  10. Je contrôle ma lessive de soude dont la température descend plus vite que les huiles. Si elle est encore trop haute, ce qui arrive dès qu’il fait doux dehors, je l’aide en plongeant le pichet dans un bain marie d’eau froide. Quand la température atteint 38° et que les huiles aussi, je verse doucement la solution alcaline (lessive de soude) dans mes huiles en mélangeant à la cuillère.

  11. Je mixe au plongeur (mixeur à soupe), doucement, par intermittence, en faisant toujours des huit dans mon récipient. Là c’est la magie moléculaire qui opère, j’adore ! On voit nettement l’émulsion créer le mariage et transformer les molécules alcalines et lipides en molécule de savon ! C’est comme la naissance de la première cellule humaine à mes yeux…. La naissance d’un savon… Au bout de 10 min en général, j’obtiens « la trace », marque restant lorsque j’extrais le plongeur de ma pâte à savon.

  12. Je peux alors ajouter mes huiles essentielles s’il y a, mes poudres, mes herbes séchées… Je partage parfois la pâte en plusieurs récipients si plusieurs coloris sont prévus ;

  13. Je verse enfin dans les moules. (on peut placer les moules dans ne grande boite de polystyrène fermée afin d’accélérer le processus de saponification en maintenant la chaleur plus longtemps.)

     

  14. 24h après, le démoulage est possible, avec des gants et je passe à la découpe suivant les fournées. Là aussi, c’est un moment magique lorsqu’il y a des motifs recherchés !

  15. Ensuite, je mets mes savons en cure pour un mois, note la date sur une feuille et procède à l’étiquetage de chaque savon comprenant le n° de lot, la date de PAO, ‘adresse et le nom de la savonnerie, les ingrédients présents en latin par pourcentage.

  16. Je contrôle au bout de 4 semaines le PH qui doit se trouver entre 9 et 10. Plus il est bas, plus le savon est doux. Mais comme mes recettes comportent 5% de surgras, l’agressivité est facilement dépassée.

Il ne me reste plus qu’à les passer dans la zone « commandes ».

Je fais aussi des « macéras huileux » qui consiste à plonger les plantes médicinales dans l’huile d’olive durant 3 semaines dans un pot en verre au soleil (je les place autour d’un cairn de pierres pour garder plus de chaleur).

Au bout des 3 semaines je peux extraire mes plantes et saponifier l’huile. Le but est de transférer les propriétés des plantes aux molécules huileuse afin de soigner les problèmes de peaux spécifiques. Je préfère faire mes cueillettes à la pleine lune afin de récolter le maximum de sève puisque j’utilise les feuilles et baies. (Si j’utilisais les racines je le ferai à la lune noire)
On utilise les macéras aussi pour faire les crèmes médicinales.

j’organise à la demande des ateliers de fabrication de savon. Je me déplace dans un périmètre à discuter. Si vous êtes intéressé, appelez-moi et nous parlerons des modalités possibles.